La Montagne rapporte qu’Abdouramane, 14 ans, a été retrouvé mort dans un foyer à Clermont-Ferrand. À ce stade, nous ne prétendons connaître ni les circonstances exactes de sa mort ni les responsabilités éventuelles. Mais une question s’impose immédiatement : comment un enfant accueilli au titre de la protection de l’enfance a-t-il été accompagné, écouté et protégé ?
Abdouramane était un mineur non accompagné. Cette expression décrit sa situation administrative ; elle ne doit jamais faire oublier l’essentiel. Il avait 14 ans. Il était un enfant. L’absence de parents auprès de lui rendait l’attention des adultes chargés de sa prise en charge encore plus indispensable.
Un foyer doit être un lieu de protection
L’accueil d’un enfant ne se résume pas à un hébergement, à un dossier suivi ou à une place occupée. Il suppose une présence humaine, un lien de confiance, une attention à sa santé et à son état psychologique, et la capacité de réagir lorsqu’il va mal.
C’est pourquoi la mort d’Abdouramane exige autre chose que des mots de circonstance. Il faut établir ce qui s’est passé et examiner concrètement sa prise en charge : les besoins identifiés, l’accompagnement proposé, les échanges entre les professionnels et les autorités responsables, ainsi que les moyens dont disposait le foyer. Si des alertes ont existé, il faut savoir comment elles ont été traitées. Si des manquements sont établis, il faut les nommer et y répondre.
L’ASE doit rendre des comptes sur la protection effective des enfants
L’UPNE demande que toute la lumière soit faite sur la mort d’Abdouramane. Cela implique des réponses claires, dans le respect de l’enquête et de sa famille, ainsi qu’un examen indépendant des conditions dans lesquelles il était accueilli.
Nous refusons qu’une frontière soit tracée entre les enfants dont la souffrance susciterait l’indignation et ceux dont la situation de mineur isolé servirait à relativiser le drame. La mission de protection de l’enfance vaut pour chacun d’eux. Elle doit se mesurer à ce que vivent réellement les enfants, pas aux seules procédures qui attestent de leur prise en charge.
Abdouramane avait 14 ans. Son histoire mérite la vérité. Tous les enfants confiés à la protection publique méritent une protection réelle.
Lire l’article dans la montagne: https://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand-63000/faits-divers/abdouramane-14-ans-retrouve-mort-dans-un-foyer-a-clermont-ferrand-la-detresse-d-un-garcon-triste_15053085/
Vous aimerez aussi:
🛡️ Enfants placés : qui les protège du placement ? — Notre analyse des risques auxquels des enfants peuvent être exposés après leur placement et de l’obligation de les protéger réellement.
🕯️ Louis, mort à l’ASE — Un autre drame qui pose la question de la sécurité et de l’accompagnement des jeunes confiés à la protection de l’enfance.
🤝 Découvrir l’UPNE et ses actions — Écoute des familles, information et mobilisation pour une protection de l’enfance plus juste.
