1. Mineurs accueillis à l'ASE / population mineure
2. TDC / total des enfants accueillis à l'ASE
3. Mineurs accueillis / résultat de fonctionnement 2024
4. Placements rapportés au budget départemental par habitant
Données 2024. Vert = situation la plus favorable et rouge = situation la moins favorable. Pour la carte 2, l'échelle est inversée : une faible part de placements directs apparaît en rouge. Sur la carte 3, les ratios non calculables sont en gris. Pour la Corse, la Martinique et la Guyane, les données budgétaires sont celles de la collectivité territoriale unique.
Ces quatre cartes ont été établies à partir des données départementales définitives 2024 de la DREES sur les bénéficiaires de l’aide sociale à l’enfance, croisées avec les estimations de population de l’Insee et les comptes financiers 2024 des départements.
La première carte représente le taux de placement des mineurs dans chaque département. Il est calculé en rapportant le nombre de mineurs accueillis à l’ASE — hors mineurs non accompagnés et jeunes majeurs — à l’ensemble de la population mineure du département. Cette carte permet donc de comparer la proportion d’enfants placés d’un département à l’autre.
La deuxième carte représente la part des enfants placés auprès d’un tiers digne de confiance, ou auprès d’un particulier dans le cadre d’une délégation de l’autorité parentale, parmi l’ensemble des enfants accueillis. Pour simplifier, cette catégorie est désignée sur la carte par le terme « TDC », mais la définition statistique utilisée par la DREES est plus large. Elle comprend à la fois les placements directs auprès d’un tiers digne de confiance décidés par le juge dans le cadre de l’assistance éducative et les placements auprès d’un particulier dans le cadre d’une délégation de l’autorité parentale.
Les données ne précisent pas le lien entre l’enfant et la personne qui l’accueille. Il est donc impossible de savoir combien de ces enfants vivent chez leurs grands-parents, un oncle, une tante, un proche ou une personne extérieure à leur famille. Cette carte ne mesure donc pas précisément le taux de placement dans la famille élargie. Elle n’inclut pas non plus les enfants confiés à une famille d’accueil salariée ni ceux accueillis par un accueillant durable et bénévole, qui relèvent de catégories statistiques distinctes.
Le pourcentage indiqué sur la deuxième carte correspond au nombre d’enfants relevant de la catégorie « TDC ou particulier dans le cadre d’une délégation de l’autorité parentale », rapporté à l’ensemble formé par les enfants confiés à l’ASE et les enfants relevant de cette catégorie. Il s’agit donc d’un indicateur du recours à une personne physique en dehors du placement classique à l’ASE, et non d’une mesure précise du placement dans la famille élargie.
La troisième carte rapporte le nombre de mineurs accueillis à l’ASE au résultat de fonctionnement du département, exprimé en millions d’euros. Le résultat de fonctionnement, également appelé épargne brute, correspond à la différence entre les recettes courantes du département et ses dépenses courantes. Il représente ce qu’il lui reste après avoir financé son fonctionnement, avant le remboursement de la dette et les investissements. Lorsque ce résultat est nul ou déficitaire, comme en Gironde en 2024, le ratio ne peut pas être calculé et le département apparaît en gris.
La quatrième carte rapporte le taux de placement au budget départemental par habitant. Contrairement au résultat de fonctionnement, le budget mesure le volume global des dépenses du département. Un département peut donc disposer d’un budget important tout en ayant un résultat de fonctionnement faible ou déficitaire. Cette dernière carte cherche à mettre en regard la fréquence des placements et les moyens financiers mobilisés par le département.
L’analyse fait apparaître de très fortes disparités territoriales. Les taux de placement les plus faibles sont observés dans les Hauts-de-Seine (0,41 %), en Corse (0,44 %), dans les Yvelines (0,51 %) et en Haute-Savoie (0,55 %). Les valeurs les plus élevées pour la catégorie dite « TDC » sont relevées à La Réunion (23,84 %), en Haute-Vienne (14,45 %), dans le Var (13,40 %), dans l’Oise (13,67 %) et dans les Alpes-de-Haute-Provence. La Haute-Savoie, l’Oise et le Var combinent ainsi un taux de placement relativement faible et un recours important à cette catégorie d’accueil. Cela ne permet cependant pas d’affirmer que les enfants concernés sont accueillis par des membres de leur famille.
À l’inverse, les taux de placement les plus élevés concernent notamment la Haute-Marne, la Nièvre, la Manche, la Meuse et la Dordogne. La Charente fait également partie des départements ayant un taux de placement particulièrement élevé, avec près de 2 % des mineurs accueillis à l’ASE. La Nièvre cumule un taux de placement très élevé et un faible recours à la catégorie dite « TDC ».
La Gironde présente un taux de placement moins élevé, d’environ 1,16 %, mais un recours relativement faible à la catégorie « TDC » et un résultat de fonctionnement déficitaire en 2024. La Charente et la Gironde apparaissent ainsi parmi les situations préoccupantes, mais pour des raisons différentes : un taux de placement particulièrement élevé en Charente ; un faible recours aux placements auprès d’une personne physique et une situation financière déficitaire en Gironde.
Ces résultats décrivent les situations et les pratiques déclarées par les départements. Ils doivent être interprétés avec prudence, car ils peuvent également être influencés par les caractéristiques démographiques et sociales des territoires, leurs choix d’organisation et d’éventuelles différences dans la manière de renseigner les données.